Chief Digital Officier : portrait d’un nouveau métier indispensable en entreprise

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Appelez-le Digital Transformation Manager, Digital Acceleration Director ou encore Chief Digital Officier, son rôle restera le même : accompagner et créer les conditions de réussite de la transition digitale dans une entreprise, quelle que soit sa taille. Si son profil reste mystérieux, il intrigue et séduit : 40 % des groupes du CAC 40 indiquent en avoir déjà recruté un, selon une étude réalisée par le cabinet de conseil Lecko ! Mais qui est ce CDO ? Quelles sont ses qualités ? Et ses missions ?

Rationaliser et organiser la transition digitale

La transition numérique est partout. Dans tous les secteurs : industrie aéronautique, service à la personne, cosmétique, médecine, pharmacie, énergie, vente de biens et de services… Reste qu’il ne suffit pas de la vouloir pour la réaliser. Il convient ainsi de bien identifier les besoins de l’entreprise, ainsi que ses capacités à changer sa structure opérationnelle.

C’est là que le Chief Digital Officier intervient. Il est avant tout un accélérateur — ou un catalyseur — de la transformation numérique. Son objectif ? Faire monter l’entreprise dans le train du digital. Laquelle a, dans la plupart des cas, d’ores et déjà monté des projets pilotes et des collaborations avec des startups afin de mettre le doigt dans un engrenage positif. Elle a maintenant besoin de rationaliser et d’organiser sa transition digitale. Et de diffuser la culture numérique dans toute l’entreprise auprès des collaborateurs — ce qui constitue l’une des premières conditions de réussite d’un tel processus.

CDO : qui est-il ?

Mauvaise nouvelle pour les amateurs de profil type : il n’en existe pas concernant les CDO. La preuve dans les grands groupes :

  • La SNCF a fait appel à un ancien responsable du Technocentre d’Orange, Yves Tyrode ;
  • Accor a préféré Vivek Badrinath, un polytechnicien diplômé de l’École nationale supérieure des télécommunications ;
  • PSA a choisi de confier cette responsabilité à Jean-Pierre Dumoulin, un diplômé de Supélec et membre de la Chief Digital Officer Alliance ;
  • L’Oréal s’est tourné vers une économiste de formation et ancienne de Microsoft, Lubomira Rochet ;
  • LVMH a missionné Thomas Romieu, un diplômé de Science Po et de l’Essec…

« Au minimum, le CDO doit avoir un esprit ouvert, curieux, et être naturellement tourné vers le digital, témoigne Simon Daspe, Client Success Manager chez Wisembly. Il doit également savoir se montrer très pragmatique pour comprendre ce que son entreprise peut faire — ou ne pas faire — avec les outils digitaux. La plupart des entreprises ont pris, à différents degrés, un virage digital. Mais la plupart n’en sont qu’au début. Le rôle du CDO est de bien les guider dans cette démarche. »

Un regard neutre impératif

Quel est le rôle du Chief Digital Officier ? Là encore, il n’y a pas de réponse type. Il doit tout du moins être capable de dresser un état des lieux objectif de la connaissance du numérique et des outils de l’entreprise pour laquelle il travaille. Il doit apporter un regard neutre et répondre à certaines questions :

  • À quel point la transition digitale a-t-elle été initiée ?
  • Qu’est-ce qui est en place, qu’est-ce qui fonctionne déjà ?
  • Quel est l’état des connaissances des collaborateurs concernant les outils numériques ?
  • Où se trouvent les besoins les plus importants : en interne, dans la relation avec les clients, le marketing ou la stratégie de vente ?
  • À quel point les collaborateurs sont-ils prêts à changer leurs habitudes ?
  • Existe-t-il des besoins en formation ?

C’est une fois cet état des lieux effectué que le CDO pourra mettre en place une stratégie de déploiement de la transition digitale… et pas avant ! Quant aux entreprises qui n’ont pas de CDO, elles pourront accompagner la transition digitale avec l’aide de cabinets de conseil.

Et dans les PME ?

Certes, il pourra être plus facile pour un grand groupe ou une multinationale de faire appel à un CDO pour initier et réussir sa transition digitale. Mais, tout comme les PME ne sont pas exclues de cette dernière, les entreprises de taille moins importante ne peuvent pas se passer d’un expert en la matière.

Qui est, alors, le CDO d’une PME ? Un spécialiste du numérique aux compétences multiples, agile et capable de s’adapter. « Un bon communicant, un vulgarisateur » (dixit Simon Daspe), qui s’appuie sur des relais dans chacun des métiers de l’entreprise. « Il doit savoir être pédagogue, adapter son discours à son interlocuteur — de celui qui ne se sert jamais de son ordinateur au trentenaire né avec le numérique, qui a une connaissance plus poussée —, reprend le spécialiste de la question chez Wisembly. Bref, il doit être capable de toucher tout le monde avec la même efficacité. »

Après tout, le CDO n’est-il pas un nouveau métier… appelé à disparaître d’ici cinq à dix ans ? Ce serait en tout cas le signe que la transition digitale — et l’adoption de nouveaux outils — a été une réussite !

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