Quelle est la place du BYOD dans la transition numérique ?

BYOD

Selon une étude réalisée par le cabinet Vanson Bourne en 2014, le tiers des salariés français consulte ou modifie des documents professionnels sur ses équipements connectés personnels. C’est ce que l’on appelle le BYOD (Bring Your Own Device). Un concept qui présente des enjeux importants pour une entreprise, et qui n’a pas que des avantages !

Le BYOD, c’est quoi ?

BYOD, pour Bring Your Own Device. Au départ, ce concept désignait le simple fait d’apporter sur son lieu de travail son propre appareil (ordinateur portable, smartphone, tablette…), et de s’en servir professionnellement. Notez, pour les plus francophones d’entre vous, que la Commission Générale de Terminologie et de Néologie de la langue française a traduit en 2013 cet acronyme par « AVEC » (Apportez Votre Équipement personnel de Communication). Aujourd’hui, le BYOD désigne plus largement le fait d’utiliser un appareil personnel pour le travail, dans l’entreprise donc, mais aussi en dehors.

Le BYOD a souvent été associé à l’entreprise 2.0 et à la transition digitale, et paré de toutes les vertus : il simplifierait la vie des collaborateurs, réduirait les coûts de l’entreprise, ferait gagner du temps… C’est sans doute un peu vrai, mais ce serait aussi oublier certaines réalités !

Une ode à la productivité

Qu’implique le BYOD ? Principalement, d’oublier pour les responsables informatiques, un monde où une liste courte et stricte de terminaux — dont on maîtrise la nature, la provenance et l’« entretien » — pouvait se connecter au système informatique. Concrètement, avec le BYOD, celui-ci doit faire face à des connexions issues de terminaux les plus divers. Ainsi, selon une étude réalisée par le cabinet Vanson Bourne :

  • 26 % des salariés ont déjà téléchargé un fichier en dehors du SI de l’entreprise ;
  • 44 % sont peu soucieux de la sécurité de leurs données professionnelles ;
  • 30 % consultent, stockent, transmettent ou modifient des documents professionnels sur leurs mobiles ou tablettes « perso » ;
  • 32 % se disent prêts à contourner la DSI pour être plus efficaces avec leurs smartphones ou tablettes.

Le BYOD permet aux salariés de travailler de là où ils le souhaitent (consulter leurs mails, leurs documents, répondre à une demande urgente…), ce qui est encore plus vrai dans une démarche de transition numérique, où les logiciels en SaaS (Software as a Service) sont de plus en plus nombreux. Une ode à la productivité, et la preuve que les Français ont envie de travailler et de s’impliquer dans la transition digitale de leur entreprise ? Oui, mais pas seulement.

Une problématique principale : la sécurité

Car le BYOD pose d’autres questions. Tout d’abord, celle, évidente, de la sécurité des données qui transitent par les « devices » personnels. Comment s’assurer qu’un ordinateur personnel, dont on se sert également pour les réseaux sociaux, pour jouer ou pour surfer librement sur internet, ne peut être l’objet d’attaques, ou déjà « contaminé » par un ou plusieurs virus ? Cette problématique a d’ailleurs conduit certains managers à renommer le BYOD en « Bring Your Own Disaster »…

De plus, le BYOD, de façon intrinsèque, mêle la vie privée et la vie professionnelle. Consulter ses mails professionnels sur son portable à 23 heures, est-ce être efficace, ou se gâcher la vie ?

Reste que ces limites ne semblent pas gêner tous les salariés : 1 sur 5 se disait en effet en 2014 stressé sans accès à ses données professionnelles en dehors du bureau ; et un tiers des salariés serait même prêt à quitter son entreprise s’il ne pouvait utiliser ses devices mobiles pour travailler de là où il le souhaite…

Le BYOD contribue à effacer les frontières entre vie personnelle et vie professionnelle. Mais il permet aussi aux salariés d’être plus efficaces, plus concernés, plus impliqués. Comment trouver le juste milieu ? En en parlant avec les salariés, et en mettant en place une véritable politique d’entreprise en la matière !

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