Les digital natives sont-ils forcément les mieux préparés à la transition numérique ?

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Ce serait presque trop simple ! Les digital natives, ces jeunes nés avec la démocratisation des outils numériques, ne sont pas forcément les mieux placés pour accompagner la digitalisation d’une entreprise. En voilà un beau paradoxe : ceux qui ne font pas la différence entre online et offline ne seraient pas « digital ready » dans le monde professionnel ! Pour quelles raisons ? Comment compenser et corriger cette inadaptation ? C’est ce que nous allons voir aujourd’hui !

Un paradoxe lié à la conception même des outils digitaux

Digital natives, mais pas digital ready. Les jeunes (issus des générations Y puis Z) ne seraient pas prêts à composer avec les enjeux de la digitalisation de l’entreprise.

Pourquoi un tel constat ? Tout simplement parce que ces nouveaux professionnels font des outils numériques, avant tout, une utilisation personnelle, dictée par une liberté — de ton, de publication, de consultation… — quasi-totale. Il faut dire qu’ils ont grandi avec !

Ainsi, ils présentent des différences cognitives avec leurs aînés, comme la capacité multitâche, la difficulté à s’attacher à des textes longs (le court étant souvent le mieux sur Internet), l’attachement à la liberté individuelle et à la liberté de parole, l’immersion dans un univers imaginaire et créatif, un fonctionnement en tribus — ce qui implique une logique de dépendance forte vis-à-vis du regard de l’autre matérialisée par le besoin de récolter des « J’aime » sur Facebook ou Instagram et des RT sur Twitter, un rapport aux marques différent et une communication différente faite d’immédiateté… autant de caractéristiques qui les conduisent souvent à s’ennuyer dans la vie quotidienne, au travail ou en cours !

En entreprise, la nécessité d’un cadre

Pour toutes ces raisons, les digital natives ont besoin d’un cadre pour une utilisation professionnelle des outils numériques, forcément différente — plus contraignante aussi — d’une utilisation personnelle. C’est le rôle du manager !

Disons-le tout de suite : l’interdiction pure et simple des réseaux sociaux dans une entreprise est un non-sens total. Ce serait faire revenir le monde du travail 10 ans en arrière, ce qui n’est ni souhaitable ni adapté aux exigences modernes. Néanmoins, les interdire durant certains moments réclamant l’attention totale de tous les collaborateurs — les réunions ou les one-to-one par exemple — relève de la logique.
La question de la sécurité des données est également sensible. Partage-t-on en entreprise aussi fréquemment et de la même façon qu’avec un compte Facebook, Twitter ou Instagram personnel ? La réponse est bien sûr non. Là encore, c’est au manager — et au CDO (Chief Digital Officer) encore plus — d’inculquer les règles en la matière, et de partager un « code de bonne conduite » numérique professionnel.

Une réconciliation possible

Heureusement, réconcilier les digital natives avec le fonctionnement des entreprises et la culture plus “classique” des collaborateurs des générations précédentes ne constitue pas une mission impossible. Mais pour cela, il faut commencer par reconnaître leur culture et les accompagner en termes d’usages, de compétences et de comportements.

Cela commence par la mise en place de structures adaptées : reverse mentoring (les plus jeunes forment les plus âgés), management horizontal, encourager les projets menés à l’intérieur de l’entreprise…

C’est au prix d’ajustements mutuels que la transmission et l’assimilation de la culture numérique par l’ensemble des collaborateurs se feront de façon harmonieuse. De quoi bénéficier à l’entreprise toute entière !

De l’importance de ne pas (encore) se reposer sur eux en matière de transition digitale

Mais les digital natives peuvent-ils être ceux qui vont impulser la transition numérique dans une entreprise ? Oui… mais ils ne peuvent en être les seuls responsables.

Ils peuvent être les catalyseurs, des exemples, de parfaits relais, de la transition digitale, mais pas ceux qui l’initient. Un tel rôle revient en effet naturellement au CDO (Chief Digital Officer). Celui-ci doit disposer d’une vision globale de l’entreprise, en pleine conscience des capacités de changement de ses collaborateurs et des besoins de l’entreprise. Bien sûr, toutes les entreprises ne peuvent avoir de CDO : il peut s’agir alors d’une cellule “innovation”, de collaborateurs — par exemple dans les RH — particulièrement sensibles à la transition digitale…

La charge de la transformation numérique ne peut donc revenir entièrement aux digital natives, qui, s’ils feront d’excellents managers plus tard par leur culture de l’horizontalité et leur goût pour les nouvelles technologies, doivent d’abord mûrir et appréhender les règles de fonctionnement d’une entreprise !

Et vous, avez-vous intégré des digital natives dans votre entreprise ? Quelle a été leur attitude et leur position au sein de votre transition digitale ? Prenez la parole dans les commentaires !

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