Le Reverse Mentoring : la réponse à la fracture numérique ?

Au sein d’une entreprise, plusieurs générations se côtoient souvent. Il y a d’un côté les baby-boomers — du moins, ceux qui ne sont pas encore partis à la retraite —, de l’autre, les représentants de la génération Y, et entre eux, tous ceux des générations intermédiaires. Tous, de fait, ont un rapport différent au numérique. Les plus anciens notamment peuvent être très en retard sur leurs collaborateurs. La solution en matière de formation interne ? Elle pourrait se nommer « Reverse Mentoring ». Présentation.

Vous avez dit « Reverse Mentoring » ?

On l’appelle « Reverse Mentoring » ou, parfois, « tutorat inversé ». Comme son nom l’indique, cette démarche consiste à renverser le fonctionnement classique, attendu et traditionnel du mentorat, dans lequel les plus anciens forment les plus jeunes, en mode « Voilà comment ça se passe, gamin ! ».

Dans le Reverse Mentoring, ce sont les plus jeunes qui forment les plus anciens. Dans quels domaines ? Principalement, l’utilisation et l’appropriation des outils numériques professionnels : les logiciels, les applications mobiles, les réseaux sociaux, la connexion à l’Intranet…

Bien sûr, il ne s’agit pas là de faire du jeunisme caricatural : la fracture numérique a tendance à se réduire un peu plus chaque jour. Néanmoins, le Reverse Mentoring s’appuie sur deux constats simples et clairs : tout d’abord, ce sont incontestablement les digital natives qui sont les mieux placés pour enseigner aux seniors comment se servir des outils numériques ; ensuite, les salariés « jeunes » ne sont plus les seuls à devoir apprendre pour évoluer professionnellement, puisqu’à tout âge, il est pertinent d’acquérir de nouvelles connaissances.

Reverse Mentoring : quels avantages ?

Vous voulez être convaincu de l’intérêt du Reverse Mentoring ? Voici quelques pistes :

  • Le Reverse Mentoring responsabilise les collaborateurs issus de la génération Y, en leur confiant l’apprentissage de nouvelles pratiques — et donc potentiellement, la future réussite professionnelle — de leurs collaborateurs plus âgés — qui peuvent, parfois, les regarder de haut. Ce besoin de reconnaissance, c’est une véritable caractéristique des « Y ». Avec le Reverse Mentoring, vous leur donnez ce qu’ils attendent, puisque vous valorisez leurs connaissances instinctives !
  • Les Y aiment travailler en équipe, et partager leurs savoirs. Ils seront donc extrêmement motivés !
  • Vous ferez gagner un temps précieux à vos équipes. Des collaborateurs « à la traîne » dans l’utilisation des outils numériques, c’est, à l’heure de la transition digitale, une perte — y compris financière — pour l’ensemble de l’entreprise. Le Reverse Mentoring les aidera à sortir de leur zone de confort, et à adopter de nouvelles pratiques synonymes de valeur ajoutée.
  • Le Reverse Mentoring est une affaire de volontariat : on ne peut pas forcer un collaborateur à former correctement l’un de ses collègues. C’est donc aussi une belle occasion de repérer des managers potentiels parmi ceux qui viennent d’entrer dans la société, et qui ont encore besoin de reconnaissance pour s’affirmer pleinement !

Comment mettre en place le Reverse Mentoring ?

En matière de formation interne, le Reverse Mentoring doit d’abord… être expliqué. Certains collaborateurs plus âgés peuvent en effet percevoir l’idée d’être accompagné par un « bleu » comme une punition.
La première étape ? Choisir les salariés « Y » capables a priori de former leurs collègues, et leur demander si l’idée les intéresse. La suivante ? Présenter la démarche en réunion, expliquer à vos équipes ce qu’elles peuvent y gagner. La dernière ? Organiser, concrètement, ces sessions. Cela peut se faire de manière ponctuelle, ou dans le cadre d’une formation en présentiel au sein de l’entreprise. N’oubliez pas de bien mettre en avant l’intérêt pour chacun de ces moments « de rencontre intergénérationnelle ». Il n’y a pas de raison qu’ils ne soient pas acceptés par tout le monde !

Plusieurs entreprises se sont déjà laissées tenter par le Reverse Mentoring et ont pu voir des bénéfices tant chez les salariés expérimentés que chez les jeunes. L’internationale Procter & Gamble a ainsi réduit son taux de roulement de jeunes employés de 25 %. Les dirigeants français ont aussi expérimenté le Reverse Mentoring. Parmi eux, les dirigeants et cadres chez AXA, Engie, BNP Paribas ou encore le groupe Orange qui a associé à chacun des membres du comité exécutif un jeune salarié chargé de les former aux outils du numérique.

Vous avez déjà mis en place une démarche de Reverse Mentoring dans votre entreprise ? Ou, au contraire, pensez-vous que cela pourrait vous être bénéfique ? Qu’en attendez-vous ? Parlons-en ensemble dans les commentaires !

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