Le corpoworking : quand l’entreprise s’approprie le coworking

Le coworking est, en France, entré dans les mœurs. Selon une étude rendue publique en avril 2015 par Bureaux à partager et La Fonderie, il existait ainsi en 2014 dans l’Hexagone quelque 250 espaces de coworking, accueillant environ 10 000 coworkers. En 2016, le nombre d’espaces réservés au coworking est même passé à plus de 400, selon l’analyse proposée par Neo-nomade en juin dernier ! En toute logique, le concept a séduit les entreprises, faisant naître un nouveau concept : le corpoworking, néologisme composé de « corporate » et de « working ».

Qu’est-ce que le corpoworking ?

Dans l’esprit, le corpoworking n’est pas très différent du coworking, dont il reprend le concept : amener des gens (freelances, entrepreneurs, salariés…) à travailler dans un même lieu.
Le corpoworking apporte ce principe à l’intérieur de l’entreprise. Le corpoworking est en effet, par nature, ouvert aux fournisseurs, aux partenaires et aux consultants qui travaillent régulièrement avec l’entreprise qui a créé ce tiers-lieu nouvelle génération. Lequel peut également permettre de créer une émulation avec des startups innovantes. L’idée ? Casser les barrières entre les services et les métiers, favoriser le travail transversal, gommer les frontières hiérarchiques… voire faire se « rencontrer » les collaborateurs internes et externes.

Les caractéristiques d’un espace de corpoworking

Souvent intégré à un projet de transformation digitale, le corpoworking n’est ni un incubateur, ni un fablab. Blandine Bréchignac, consultante chez HR & D, qui présentait en novembre 2015 chez Bpi France les résultats de l’étude « Corporate coworking : quelle(s) réalité(s) derrière le coworking en entreprise ? », a ainsi identifié plusieurs caractéristiques pour définir ce nouveau type de tiers-lieu :

  • Il s’agit bien sûr d’un espace de travail ;
  • Il est mis en place par une entreprise, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de ses propres locaux ;
  • Il est ouvert en priorité à ses salariés, mais il peut aussi accueillir des acteurs extérieurs ;
  • Il génère et fédère une « communauté de partage » ;
  • Il est accompagné d’une animation spécifique.

Les avantages du corpoworking

« Terrain neutre », lieu d’escale, laboratoire expérimental… le corpoworking ne manque pas d’avantages pour une entreprise. Il constitue en premier lieu une façon de faire émerger de nouvelles solutions, qu’elles concernent des produits ou des services. Le corpoworking fait ainsi se rencontrer des compétences qui étaient, jusque-là, cloisonnées dans des services.
Il s’agit également d’un beau moyen pour favoriser l’esprit d’équipe. Enfin, le corpoworking constitue un lieu dans lequel la liberté (d’esprit, d’initiative, intellectuelle…) est prépondérante ; ce qui peut entraîner l’émergence de modes de travail alternatifs !

Selon une étude Mobilitis/OpinionWay parue aux États-Unis en 2011, près de 70 % des collaborateurs qui expérimentent le corpoworking en ont une bonne opinion. Si le corpoworking se développe déjà en Europe, par exemple à la SNCF, la pratique mérite d’être testée plus largement !

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